Le courant qu'on ne voit pas.
48 volts. L'alimentation fantôme.
Le courant qu'on ne voit pas, qui parcourt le câble et sans lequel rien ne sort. Coupe-le, et le micro n'entend plus rien. La voix n'existe plus.
C'est exactement notre place.
Le camion est vide depuis 8 h. Le patch est fait, la conduite est calée, les retours sont réglés, quelqu'un a rattrapé au gaffer une chose que personne ne verra jamais. Puis la lumière tombe, et notre travail devient invisible — c'est même à ça qu'on le reconnaît quand il est bien fait.
48 VOLTS habille ceux qui font le spectacle. Techniciens, musiciens, plateau, régie, route.
Du noir, oui. Mais du noir qui n'appartient à aucun employeur.